Partager l'article ! Le préjugé: Il est 14 heures et je ne sais pas quoi faire de mes dix doigts depuis ce matin. Cet e ...
Un pont de mots entre vous et moi...
Il est 14 heures et je ne sais pas quoi faire de mes dix doigts depuis ce matin. Cet ennui tourne à la déprime. Je n’aime pas être dans cet état, je cherche quelque chose pour repousser ce malaise.
Dehors il fait beau. Je devrai sortir mais l’idée d’aller dans un parc avec ma solitude sur le dos, bof. J’écarte cette option ; je n’ai pas envie d’exposer ma gueule de déprimée. J’ai trouvé! Je vais faire les boutiques ; rien de mieux pour le moral que s'offrir un cadeau.
Carte bleue dans le sac à mains, me voilà partie pour le printemps à paris. J’ai la pêche ! Les fringues c’est comme un livre ; on trouve toujours celui qu’il faut.
Au printemps, les stands des grandes marques défilent, les vendeuses me font mes sourires dragueurs pour que chauffe ma CB. Je ne suis pas assez bien pour choisir une robe ; je n’ai personne pour qui la porter et je sais qu’en phase de basse estime elle irait tout droit dans le placard. J’opte pour des bijoux. Je m’offre deux bagues en argent et cristal de Swarovski.
Je prends le RER pour rentrer chez moi contente de mes achats. Je descends à la station Nanterre ville. Je remarque des Roms, une femme et un adolescent. Elle fait la manche et lui à l’air de chercher à voler. Je me méfie. Je transpire dans mes chaussures ; la chaleur est à son comble. En longeant le quai vers la sortie, je trébuche et mes paquets qui renferment mes bagues tombent sur les rails. Panique à bord ! Le jeune garçon se précipite sur moi et me parle dans une langue que je ne comprends pas. Le voyant scruter mes paquets, je me lève d’un bond, convaincue qu’il va me les voler. Il est sale. Il s’élance sur les rails, je crie ; j’ai peur maintenant qu’un train arrive et le fauche. Il prend mes paquets. Là je me dis qu’il va s’en aller en courant avec. Il me les donne avec un large sourire, je suis abasourdie. Sa mère le réprimande dans sa langue ; je décode que c’est une engueulade à l’expression du visage du garçon ; elle traduit l'incomprhésion, lui qui était fier de son action. Il retourne vers elle qui le tire vers la sortie tout en hurlant.
Je suis tiraillée par mon envie de courir pour lui donner de l’argent en récompense de son bienfait. Je décide de ne pas faire cela ; je donnerai raison à sa mère dont je désapprouve l'attitude alors que lui est dans sa vérité, sa bonté. Grâce à lui, j’ai pris conscience de mon préjugé.
Ma vérité est qu'aider quelqu’un reste un acte noble.
Je ne sais pas si j’ai eu raison, j'espère qu'il va bien.
Tibicine.
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